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Centre Technique La Beaujoire – Direction Nature et Jardins – NANTES (44)

Localisation : 44 - Nantes

Surface :
1683 m² SU fermées + couvertes
1176 SU aires extérieuresm2

Coût : 3 768 500€ HT

Statut : Concours

Maître d'ouvrage :
Ville de Nantes

Equipe :
Mabire Reich Architectes
De Long En Large paysagiste
CMB économiste
Bois Paille Ingéniérie BET Structure bois
IBA BET Structure béton
SOLAB BET Fluides
SOLAB BET acoustique
TUGEC BET VRD
GEOTEC Nantes géotechnicien
Sillage perspectiviste

LA TREILLE HABITEE

« Ville jardin dans une Métropole Nature » comme elle aime à se décrire, Nantes a une tradition fortement ancrée quant à la présence de la nature au sein de ses espaces publics, de ses parcs et de ses jardins. Une tradition qui a pour corollaire des équipes et un savoir-faire fortement constitués.

La construction du Centre Technique de la Beaujoire exprime l’affirmation de cette politique, qui vise à doter la Ville des forces et des outils à même d’accélérer la diffusion de la Nature en ville, de créer un cadre de vie apaisant, riche de bio-diversité et régulateur des ambiances dans le contexte du réchauffement climatique.

Le site dans lequel s’inscrit le projet est un site de contraste. Morceau d’un immense parking stérile en enrobé, il est bordé d’une lisière d’arbres qui présente de magnifiques sujets, proche de l’Erdre et du Parc Floral de La Beaujoire.

Nous avons souhaité affirmer la dimension paysagère du projet par la mise en place d’une treille qui forme la limite du Centre Technique au droit du parking et à laquelle s’adosse le préau qui abrite stationnements et espaces techniques. La treille est par essence l’élément qui fait le lien entre l’Architecture et la Nature : la géométrie des croisillons en bois s’entremêle avec la forme libre et organiques des rosiers et des végétaux qui s’y accrochent. Elle donne ainsi à lire un paysage végétal surmonté, au second plan, de l’émergence des arbres de la lisière.

Elle propose une qualité paradoxale : par sa grande expressivité plastique, par le développement de sa végétation luxuriante, elle exprime pleinement l’objet de son programme et prend place comme un élément fort du paysage. Et dans le même temps, dans ce site particulièrement exposé, elle crée un filtre, une mise à distance qui permet de proposer aux agents un lieux de travail protégé et chaleureux, efficace et agréable.

Car à l’intérieur de l’écrin végétal formé par les lisières et clos par la treille, le projet s’organise de manière à distinguer clairement lieux de travail et lieux de détente, zones « pieds sales » et zones « pieds propres », espaces d’accueil du public et espace plus intimes, réservés aux agents.

Pour ce faire le bâtiment principal s’implante perpendiculairement au préau séparent le site en deux zones:

  • La première, au nord, connectée à l’entrée publique Est, qui comprend les zones essentiellement piétonnes, dédiées aux publics, aux espaces de vestiaire et repos des agents.
  • La seconde au sud, desservie par l’entrée des véhicules de services, où se déploient les aires de travail.

A l’intérieur, le bâtiment exprime également cette distinction avec la présence d’un mur de refend qui sépare les magasins au sud, des espaces de vestiaires, de réunion et de détente au nord.

Au sud, la plateforme centrale de l’aire de travail permet de donner accès aisément à l’ensemble des zones de stockage et de garage. L’accès aux zones de lavage et de carburant se fait en marche avant depuis le portail. Les manœuvres sont ainsi aisées et limitées, ce qui offre aux agents une facilité d’usage et un gain de temps au quotidien en même temps qu’une sécurité accrue.

Une percée dans la treille initie un parcours qui traverse le porche et permet de donner à lire et mettre en scène le hall qui déploie sa double hauteur dans l’angle nord-est du bâtiment. Il permet aux agents d’accéder directement au couloir des vestiaires lors de leur prise de fonction au rez-dechaussée, et aux visiteurs d’accéder immédiatement à l’étage de bureaux et salles de réunion. Sa double hauteur ouvre largement sur le paysage et constitue une invite chaleureuse, ouverte vers la Nature.

La modularité des vestiaires permet de s’adapter pleinement à la composition de l’équipe et proposer ainsi des conditions de travail identiques aux femmes et aux hommes. Cela permet à chaque genre de se projeter de manière égale dans le métier et ainsi de réaliser les conditions d’une réelle égalité hommes / femmes.

Pendant intime du hall, situé à l’extrémité opposée, la salle à manger se développe en double hauteur pour offrir une magnifique vue sur la lisière constituée d’arbres majestueux, tel le pin parasol qui fixe le premier plan à l’ouest ou, au nord, à la faveur d’une ouverture dans la lisière, vers le vallon nord du Parc floral voisin.

La salle à manger profite ainsi de la terrasse haute et des vues lointaines, mais aussi du rapport au sol qui lui permet de s’étendre vers l’extérieur aux beaux jours, sur le jardin convivial. Le barbecue commun permet de se rassembler, de partager ses préparations et ses recettes.

Car si le centre existant ne permet plus de répondre tant à la qualité d’usage nécessaire qu’aux enjeux environnementaux, il nous a inspiré par ce qu’il exprime de vie commune, de moments partagés.

Il révèle cette part d’informel qui enrichit la vie au travail et appelle à créer cette architecture qui crée le potentiel d’une appropriation désirable. La treille habitée c’est une figure vivante, à l’image de la vie du Centre Technique, qui concrétise la dimension humaine d’un projet qui allie haute qualité environnementale et haute qualité humaine.