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Collège Henri Wallon – LANESTER (56)

Localisation : 56 - LANESTER

Surface :
SU bâties 6180 m²
SU extérieures 5628m2

Coût : 12 700 000€ HT

Statut : Etude

Livraison : novembre 2029

Maître d'ouvrage :
Conseil Départemental du Morbihan
Morbihan Habitat MOA déléguée

Equipe :
MABIRE-REICH architectes mandataires
DLW architectes associés
LA TERRE FERME paysagiste
EGIS BET TCE
ACOUSTB BET acoustique
BEGC BET cuisiniste
AD Ingénierie BET démolition désamiantage
SILLAGE perspectiviste

Construit au début des années 60, le collège Henri Wallon est situé dans un quartier résidentiel de Lanester. Il se déploie sur une parcelle qui traverse l’îlot dans lequel il se situe. Ainsi, son entrée principale se situe à l’Est, rue Anatole France, quand les livraisons se font à l’Ouest, depuis la rue Vaillant-Couturier. Constitué à l’origine de 3 bâtiments principaux, l’administration, l’externat et la demi-pension, il a été étendu par la suite par un bâtiment de forme triangulaire qui assure la liaison entre les salles de cours et la cantine, tout en proposant les espaces singuliers que sont le CDI ainsi que les salles d’Arts Plastiques et Musique. Un bâtiment dévolu à la maintenance de l’établissement et un petit volume de garage complètent cet ensemble auquel il faut adjoindre un gymnase situé dans le développement nord de la parcelle.

L’établissement accueille aujourd’hui un peu plus de 400 élèves. L’objectif du Conseil Départemental est de porter cette capacité à 600 élèves, soit 20 divisions, l’U2E déjà intégrée à l’établissement, mais également les 4 divisions de SEGPA actuellement accueillie au collège Jean Lurçat.

Cette restructuration est également l’occasion de refondre l’ensemble de l’établissement et lui donner un niveau de confort d’usage et des locaux correspondant au standard du référentiel actuel du Département. Le gymnase sera quant à lui détaché du collège à l’occasion d’une division parcellaire pour revenir dans le giron de la commune.

 

L’immédiat et le permanent

Un des enjeux majeurs du projet est de combiner les enjeux antagonistes de deux temporalités distinctes : celle du résultat final, qui doit présenter un ensemble unitaire et cohérent, et celui du temps des travaux, qui doit permettre la continuité d’exploitation de l’établissement et intégrer le bâti existant. Le bâti existant autour duquel construire avant de pouvoir s’y substituer, conservé car à même de répondre aux nouveaux enjeux d’usage.

Pour ce faire, nous avons développé le projet de la manière suivante :

  • nous conservons le bâtiment de l’externat et le bâtiment de l’atelier OP qui, à eux deux, représentent 52% des surfaces de l’existant et 34% de la SDP finale.
  • Nous développons un corps de bâtiment le long de la rive nord de la parcelle, qui se met à distance du bâtiment d’entretien pour former à l’Ouest une cour de service, puis se connecte à l’externat pour en former l’extension pour enfin se prolonger à l’Est au droit de la rue Anatole France. Là, il se retourne en une aile perpendiculaire qui se projette sur l’espace public.

Un second volume, accolé au sud-ouest de l’externat, abrite quant à lui les cuisines de la nouvelle demi-pension.

Ce principe nous permet de proposer un établissement compact à l’organisation claire et lisible, tout en établissant un phasage qui permet d’assurer la continuité de service de l’établissement, d’accueillir la SEGPA dès la première phase de livraison et d’éviter le recours aux constructions modulaires.

 

Un collège dans sa ville et son quartier

Cette implantation nous permet d’offrir au collège une façade institutionnelle en limite de l’espace public, qui inscrit l’équipement dans le paysage urbain de Lanester. Il donne à voir aux passants son entrée, la salle polyvalente et, au R+1 le CDI, dans un jeu de mise en valeur réciproque du bâtiment et de l’espace public.

Le positionnement de l’aile d’entrée permet de former en creux un espace de parvis clair et lisible, une placette de forme triangulaire structurée par l’entrée dans le collège mais également par la présence du gymnase voisin. Un espace chaleureux marqué par la présence des arbres existants, parmi lesquels le tilleul remarquable mis en scène par l’échancrure ménagée dans l’auvent qui abrite l’aire d’entrée. Incliné, exprimant le motif de sa charpente et la chaleur de sa matérialité, le bois, ce dernier forme une invite vers l’entrée tout en formant, associé à la grille d’entrée, un filtre entre l’espace public et le collège.

 

Une aménité urbaine

La nouvelle aile se développe selon des volumétries variées : à R+1 entre l’entrée et l’externat, puis en R+2 pour prolonger l’externat existant avant de s’achever en volume de plain-pied à l’ouest, pour accueillir les locaux spécifiques à la SEGPA.

Cette volumétrie nous permet, tout en proposant un plan compact, de ménager les vues des maisons voisines. Les volumes à R+2 restent transversaux à la parcelle quand les volumes longitudinaux ne dépassent pas le R+1. Vue et ensoleillement des voisins sont ainsi préservés.

 

Une image unifiée et située

Nous avons donc organisé le plan et les espaces de manière à ne pas « subir » l’intégration de l’existant et les contraintes de phasage, pour que l’ensemble fonctionne comme un seul et même bâtiment. Il importe donc que l’expression et la matérialité données à voir correspondent également à cette volonté d’unicité. L’écriture architecturale est donc commune au neuf et à l’existant. Basée sur l’alternance de bandeaux pleins et de bandeaux vides, elle met en valeur le jeu des horizontales qui confèrent à l’ensemble une douceur et une modernité qui contraste avec l’expression du module de façade inscrit dans la trame verticale resserrée de l’après-guerre. Des lignes horizontales qui, en se retournant d’une façade sur l’autre, opèrent visuellement le lien entre des corps de bâtiments qui semblent découler d’une conception unique.

L’ensemble des façades du bâtiment est revêtu de bois blanchi et reprend ainsi la colorimétrie du paysage architectural dans lequel il s’inscrit. La couverture de l’externat et de son extension volumétrique, qui rappellent l’ardoise, participent du même phénomène d’intégration au déjà-là.

 

Des lieux et des parcours

Le projet est pensé comme un parcours qui relie les différents espaces, les différentes entités programmatiques du collège. La notion de parcours implique de penser le corps en mouvement dans l’espace et de réfléchir aux perspectives que la configuration des lieux lui propose. On parle ici de cadrages, du jeu de la lumière qui anime les parois, de la matière que l’on voit et que l’on frôle, de la présence du végétal.

Depuis le parvis, le hall d’entrée donne immédiatement à voir d’un côté un accès direct à la cour, de l’autre une rue intérieure qui constitue un axe structurant est-ouest du parvis jusqu’aux espaces de SE-GPA. Percée de trémies qui mettent en relation ses deux niveaux, elle propose l’ambiance chaleureuse que confère la présence du bois, des matériaux brutes, des surfaces absorbantes en fibre végétale, mais aussi de la lumière naturelle généreusement dispensée par les sheds.

 

Une architecture bas carbone

Penser un collège aujourd’hui, c’est l’inscrire dans une démarche qui intègre ce qui peut être réemployé avant de détruire, qui promeut l’usage de matériaux renouvelables et biosourcés et qui propose des dispositifs architecturaux simples à même de rendre agréable la vie dans un contexte climatique en pleine évolution.

Nous avons donc soupesé la capacité des bâtiments à s’adapter aux contraintes d’usage, d’accessibilité, de phasage pour conserver l’externat et le bâtiment de l’OP.

Le bâti neuf sera stabilisé par les voiles béton des circulations sur lesquels seront fixés des planchers mixtes bois-béton repris en façade par des poteaux bois. L’enveloppe sera constituée de façades ossature bois (FOB), composées d’isolant biosourcé et revêtues de bois blanchi.

Les couvertures nous permettent à la fois de produire de l’électricité et de l’eau chaude solaires, mais également, grâce au dispositif du shed, de diffuser la lumière au cœur du bâtiment, de capter les apports solaires ou de s’en protéger selon les saisons.

Enfin, nous inscrivons ce projet dans une démarche de réemploi. En premier lieu par le réemploi du bâti existant, des aubettes en béton de la cour, des ardoises du bâtiment administratif actuel qui seront utilisées pour le prolongement de la couverture de l’externat, par l’utilisation de l’enrobé existant décroûté pour former des murets montés comme de la pierre sèche, en démontant et remontant la cabine d’ascenseur pour le placer dans sa nouvelle gaine.

 

Des matières et des couleurs

Comme nous l’avons développé, les tonalités retenues s’inscrivent dans le paysage de Lanester. A partir de ce principe général, nous avons décliné une écriture des façades à la fois expressive et claire, qui participe de l’identité et de la lisibilité du bâtiment. Les façades courantes sont parées de bois blanchi et forment des bandeaux horizontaux qui alternent avec l’horizontale des menuiseries aluminium gris clair.

De cette base se distingue :

  • L’entrée, qui donne à lire un bois brut et marque ainsi le volume en creux qui invite à pénétrer dans le hall. L’expression du bois s’y poursuit pour se répandre dans la cour avec la charpente de l’auvent qui court le long des façades Sud et Est au droit de la
  • Le rez-de-chaussée de la cour, soumis à l’activité des élèves est essentiellement constitué de vitrages et de soubassements ou panneaux en béton bruts, à même de traverser les années sans se dégrader.

A l’intérieur, on retrouve ce même mariage, entre les voiles bétons qui constituent la rue intérieure, et le bois de la longue paroi des casiers, du plafond du R+1 composé de cadres bois et de panneaux acoustiques faits des fibres de bois compressées. Les ensembles menuisés des portes complètent ce rapport à une matérialité qui s’exprime sans artifices : le bâtiment donne à voir ce avec quoi il est fait et tire parti de cette expressivité.

Là encore, si le bois est à l’honneur, le béton, qui participe de la stabilité de la structure et de l’inertie thermique du bâtiment, est employé au droit des circulations pour sa qualité de résistance à la sollicitation des élèves du collège. Le sol en lino naturel vient compléter une palette de couleur douce et chaude, à même de proposer une ambiance douce et apaisante.