Collège Martin Luther King – LIFFRE (35)
Localisation : 35 - Liffré
Surface :
SU démolitions 1389 m²
SU créées 2972 m²
SU restructurées 2794 m²
SU rénovées 1411 m²
Surfaces Extérieures 19141m2
Coût : 10 951 000€ HT
Statut : Concours
Maître d'ouvrage :
Conseil Départemental d'Ille-et-Vilaine
Equipe :
MABIRE-REICH Architectes
LALU paysagiste
CMB Economiste
OTE BET TCE
SILLAGE perspectiviste
Le projet adopté par le Département d’Ille et Vilaine a pour triple objectif de procéder à la réorganisation fonctionnelle de l’établissement, de réorganiser les accès et les parcours pour s’inscrire dans le nouvel environnement urbain et de réaliser la rénovation énergétique du collège Martin Luther King à Liffré. C’est également l’occasion de conforter les espaces verts déjà en place et de combler leur absence dans la cour principale.
Les travaux de la ville pour la construction de la nouvelle gare routière et du gymnase ont modifié les flux principaux d’accès au collège et obligent à repenser un parvis et un accès à l’ouest alors que l’adressage et l’entrée originelle du collège se situe à l’est sur l’avenue François Mitterrand. Si cette dernière est conservée, elle reste à conforter dans son image, et la création d’un parvis d’entrée à l’ouest, visible et sécurisé, s’avère nécessaire.
Un premier objectif est donc la réorganisation des accès.
Assez naturellement, nous proposons de réimplanter le hall à son emplacement originel, à la confluence d’une ligne nord-sud dessinée par les bâtiments A et C existants et d’une ligne est-ouest formant le trajet naturel entre l’entrée sur l’avenue Mitterrand à l’est et le futur parvis d’arrivée des élèves depuis la gare routière à l’ouest.
Les deux entrées présentent leur propre identité qui sera confortée par l’implantation des nouvelles constructions.
La première, sur l’avenue François Mitterrand, est le marqueur urbain du collège sur la ville de Liffré. Elle est l’adressage du collège et doit s’afficher comme tel pour les familles et visiteurs. Afin de conforter l’identité du collège, la nouvelle construction vient chercher l’entrée et annonce le collège sur l’avenue. La future aile accompagne le regard vers l’entrée du hall naturellement repérable par sa majestueuse faille vitrée qui cadre l’espace planté à l’arrière. Le CDI, au rez-de-chaussée, s’ouvre sur la sculpture du 1% artistique repositionnée en premier plan et sur la ville en arrière-plan.
Si l’entrée sur l’avenue Mitterrand est pensée comme l’entrée principale, suite aux travaux urbains et à l’arrivée de la gare routière, la future entrée à l’ouest est l’entrée la plus fréquentée par les élèves. D’importants flux de collégiens arrivent et s’en retournent par un espace actuellement non qualifié. Les travaux engagés par le Conseil Départemental sont l’occasion de le qualifier, en lui offrant de la visibilité et en sécurisant les lieux. Pour ce faire, un parvis est créé à la confluence des flux élèves et du nouvel accès au collège. Il permet le regroupement de collégiens sur un espace large, adapté et sécurisé. Une nouvelle construction longiligne, abritant un grand local vélo et la salle multifonction, vient chercher le futur parvis, signale la présence la nouvelle entrée du collège et accompagne le mouvement vers le portail, la cour et le futur hall.
Un deuxième objectif est l’extension et la réorganisation fonctionnelle des locaux
L’établissement est aujourd’hui composé d’un ensemble de bâtiments datant de 1973, augmenté d’extensions ajoutées au fil des années et des besoins : 1990 pour les premières puis 2011 pour les suivantes.
Ces couches successives ne sont plus adaptées au fonctionnement de l’établissement et entrainent des disfonctionnements : circulations et hall sombres à la volumétrie écrasante, flux coupés à l’étage par le CDI, manque de visibilité du CDI, éclatement des locaux de la vie scolaire, vétusté, etc.
En premier lieu, face à l’ampleur du site, nous avons eu une réflexion économique du projet. Pour ce faire, les démolitions sont minimisées et dictées par la réorganisation nécessaire du site. Les extensions sont limitées à trois constructions. Une extension principale compacte à l’est du hall, une petite extension en prolongement nord du bâtiment C vers la ville et l’aile ouest au droit du nouveau parvis. Chacune de ces trois extensions jouent un rôle majeur dans l’identité de l’établissement :
– L’extension principale à l’est du hall est le marqueur urbain du collège coté avenue François Mitterrand. Elle contient la majeure partie du programme hors réhabilitations, dont le CDI, le pôle sciences et le pôle technologie numérique. Elle est la vitrine de l’établissement et accompagne le regard vers la faille d’entrée au hall.
– L’extension nord du bâtiment C accueille une classe à l’étage et le pôle maintenance au rez-de-chaussée. S’il n’est situé à aucune des entrées, il est pourtant bien la première façade qui s’ouvre sur la ville. Aujourd’hui simple pignon presque aveugle, ce nouveau bâtiment vient largement s’ouvrir sur le centre bourg, et démarre le dialogue avec celui-ci par un regard réciproque.
– L’aile ouest accompagne le mouvement de la majestueuse allée d’arbres qui traverse le site d’est en ouest. Elle est aussi le marqueur du collège sur le futur parvis ouest et dirige le flux des élèves vers l’entrée de l’établissement. Elle forme le prolongement naturel du foyer élèves existant. L’ensemble bâti constitue une protection naturelle entre la cour calme et la cour active.
Les bâtiments A et C feront l’objet d’un curage complet pour réorganiser entièrement les locaux et les remettre à neuf.
Le hall est déterminant dans la vie de l’établissement
L’extension principale est compacte et centrale afin de conforter le rôle du futur hall. Ce dernier prend place à la confluence des trois ailes, point névralgique du collège.
L’implantation du nouveau bâtiment permet de fluidifier les échanges tant horizontalement que verticalement entre les trois ailes principales du collège. L’ancien hall et le CDI qui le surplombe sont déconstruits au profit d’un hall plus compact en surface mais à la volumétrie généreuse, qui laisse entrer la lumière et favorise la communication entre les 3 niveaux. En liaison directe au préau principal et à la cour, ce nouveau hall dessert l’ensemble des entités programmatiques de l’établissement hors bâtiments spécifiques isolés.
Au rez-de-chaussée, loge, vie scolaire, CDI, pôles enseignant et administration sont tous en contact avec ce hall, participant ainsi aux échanges entre l’ensemble des acteurs de la gestion et de la vie pédagogique de l’établissement.
Le hall accueille également les casiers des élèves.
Avec les deux escaliers existants qui le jouxtent, il offre une circulation verticale qui innerve les trois ailes d’enseignement mais surtout il met en relation horizontale les étages de ces trois bâtiments, anciennement coupés par la position du CDI, fluidifiant ainsi les déplacements des élèves et professeurs aux intercours.
Rénover énergétiquement
La nécessité économique nous a également conduit dans la démarche de rénovation énergétique. Après l’analyse des bâtiments existants, nous avons fait le choix de proposer une rénovation énergétique non pas à l’échelle du bâtiment, mais à l’échelle de l’établissement. Ainsi, nous avons privilégié une rénovation totale sur les bâtiments les plus vétustes et les plus fréquentés (bâtiments A et C) ainsi qu’une rénovation thermique extérieure de l’enveloppe de la demi-pension. Pour les arts plastiques, nous avons privilégié une rénovation thermique par l’intérieur, moins couteuse.
Nous faisons le choix de ne pas intervenir sur les bâtiments Musique/EPS et sur le Foyer. Ces bâtiments récents (2011) sont en bon état général et leur performance thermique pénalise modérément la performance globale de l’établissement.
Ce choix nous permet de proposer une réhabilitation qualitative sur les travaux engagés en proposant des prestations durables.
Ecriture et matérialités
Si les arbitrages économiques nous ont conduit vers une rénovation énergétique ciblée au profit d’équipements qualitatifs et à la maintenance aisée, nous avons fait le choix de la sobriété concernant l’écriture et les matériaux de façade. Mais qui dit sobriété ne dit pas pauvreté de l’écriture.
Les façades sont habillées d’un bardage bois naturel dans lesquels s’inscrivent les bandeaux vitrés filants. Leur pose en applique extérieure permet de minimiser les montants et les encadrements, favorisant ainsi l’entrée de lumière naturelle. La pose des stores à lames orientables extérieurs en applique au-dessus permet de dégager les baies de maçonnerie d’un obstacle supplémentaire à l’entrée de lumière naturelle. L’ensemble permet de faire rentrer la lumière naturelle plus au cœur de chaque pièce.
La pose des stores extérieurs, et de leur coffre métallique laqué gris clair de la même teinte que les menuiseries, souligne l’horizontalité des baies. Cette écriture simple et assumée, ce matériau bois vivant et chaleureux viennent rompre avec l’écriture béton rythmée par la préfabrication propres aux années 70.
Les pieds de façade des existants et le socle de l’extension sont en voile béton lasuré dans les parties non isolées ou habillés d’un parement ciment rigide afin de répondre à une exigence de solidité en pied de façade.
Les extensions s’harmonisent à l’existant pour homogénéiser l’ensemble de l’établissement.
Si l’écriture reste donc simple sur les parties courantes des bâtiments de salles de classe et homogène entre extension et réhabilitation, cela met d’autant plus en avant les ruptures qui appellent le regard au droit des points singuliers tels que la résille à l’est qui signale le collège sur l’avenue François Mitterrand, la grande faille vitrée qui signale le hall, la résille brise-soleil à l’ouest qui protège les grandes baies du hall coté préau, ou la résille du local vélo sur le parvis ouest.
A l’instar des extérieurs, les matériaux intérieurs sont simples et naturels. Ils sont l’expression de leur matérialité : le béton lisse et solide, associé au bois vivant et chaleureux. Leurs teintes sont claires pour conserver la luminosité des espaces. Cette douceur naturelle des matériaux est intemporelle.
Ces matériaux se marient également avec les espaces verts qui, en tout point du hall, forment un fond de perspective.
Conforter les espaces verts
L’étendue du site oblige à traiter des zones limitées. Cependant, la part des espaces verts représente presque un cinquième de l’économie du projet. Ce travail propose de revoir toute la gestion hydraulique du site par les noues, afin de réduire les problèmes liés à l’humidité des sols.
Mais c’est surtout l’occasion de proposer des espaces paysagers de qualité et bien distincts : une cour calme arborée et protégée des vents, lovée au cœur des bâtiments, une cour active au sud, plus exposée et équipée d’espaces sportifs variés, une classe dehors dans un amphithéâtre végétal à l’est du site, une jardin intime pour les enseignants au pied de leurs locaux dédiés, un parvis à l’ouest largement prolongé de végétal et l’allée majestueuse d’arbres vient être renforcée par de nouveaux sujets, soulignant la lisière entre cour active et cour calme.
Du fait de la grande taille du site, du nombre de bâtiments à traiter, de l’étendue de la nature des travaux envisagés, et de l’économie de l’opération, le projet est donc un projet engagé dans des choix : des choix de sobriété, des choix au profit de la lisibilité du site, des choix au profit de l’usage et des flux, des choix au profit de la qualité de lumière, des choix au profit de l’environnement, et donc des choix au profit du bien-être, de la sécurité, de la rencontre et de l’humain.