Halte Randonneurs – TREAUVILLE (50)
Localisation : 50 - Tréauville
Surface :
SU 137m²
SU aires extérieures 825m2
Coût : 560 000€ HT
Statut : Concours
Maître d'ouvrage : Commune de Tréauville
Equipe :
MABIRE-REICH architecte mandataire
Atelier Prospectif associé
Gwenaëlle Deniau paysagiste
Le centre-bourg de Tréauville propose une configuration urbaine singulière. S’il regroupe l’ensemble des programmes qui en font un centre-bourg tout ce qu’il y a de plus classique, à savoir la mairie, l’église et l’école, la présence du cimetière au centre des ces équipement, combinée à un fort dénivelé, n’a pas permis la présence d’un espace publique d’ampleur au coeur de cet ensemble. Pour autant, la création récente de la place située en contrehaut du cimetière a permis d’offrir un espace commun. qui ancre la statut de centralité de cet espace dans le bourg.
Ce dernier est d’ailleurs constitué d’entités distinctes et lisibles telle que le centre-bourg, le vaste espace qui accueille la salle des fêtes La Grange ou encore le lotissement du Clos de l’Orme. L’idée d’un parcours nous semble d’autant plus intéressante qu’elle permet de créer du lien entre ces entités et de renforcer ainsi le sentiment d’un territoire commun.
Un choix de site aux enjeux multiples
Le choix d’un site est toujours un choix fort. On imagine bien entendu que ce dernier a été retenu pour sa proximité avec le sentier de randonnée qui longe la Diélette.
Outre cette connexion avec l’itinéraire balisé et le cours d’eau, cette situation propose d’autres atouts à révéler:
– situé de l’autre côté de l’église par rapport au centre-bourg, parce qu’elle est un équipement public qui proposera des moments de partage et de rencontre ouverts à tous, la halte-randonneur participera de l’extension de ce centre et de son activation.
-la halte aura un rôle d’interface entre la fin du paysage du bourg et celui des champs et de la nature qui se déploie au nord-est. Elle proposera à la fois une mise en scène de ce paysage et une sorte de «passage».
Un paysage aux caractéristiques marquées
Le centre-bourg de Tréauville propose un paysage très caractéristique, un caractère très marqué par des éléments clairement identifiés:
– une typologie de bâtiments aux volumétries simples: de longs corps de bâtiments coiffés de toitures à deux pans.
– la présence de la pierre, le grès et plus ponctuellement le granit pour les murs, le schiste ou la pierre pour les couvertures trasitionnelles. Le bois est quant lui présent plus ponctuellement. On le retrouve pour les grandes portes des grange, en bardage en pignon des remises ou pour les clôtures d’entrée de champ dont le dessin est caractéristique du Cotentin.
– une colorimétrie ambiante liée à ces matériaux: un gris teinté d’ocre, qui contraste avec le vert vif de la végétation.
Une démarche de développement durable axée sur le bon sens et la simplicité
La démarche que nous proposons de développer est basée sur des choses simples : l’usage de matériaux bio et géo sourcés tels que le bois, la paille et la pierre. Le développement des études nous permettra d’affiner la prescriptions pour favoriser, dans le cadre offert part le code des marchés publics, vers un approvisionnement local de la matière. Nous sommes par ailleurs certifiés Pro Paille et donc habilités à mener des projets utilisant cette ressource.
En termes d’énergie, notre première proposition sera celle de la géothermie, exploitée par des équipements robustes. Les études nous permettront de rentrer dans le vif du sujet pour faire des choix partagés entre la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage.
Créer un parcours aux temporalités et publics variés
La matérialisation du parcours doit selon nous répondre à des scénarios de temporalité et d’animations variés et complémentaires:
– le parcours doit être simplement jalonné pour tout simplement relier les différentes séquences qui le constituent et ortienter les promeneurs. Pour réaliser cela, un système pérenne de signalétique doit être mis en place.
– Afin de pouvoir renouveler le plaisir de la promenade pour les habitants de la commune qui, contrairement aux visiteurs plus ponctuels, intègreront le tracé de ce parcours et n’auront vite plus besoin de repères, le dispositif mis en place devra pouvoir supporter un dispositif complémentaire d’information, support d’activités temporaires ou saisonnières.
– Ce dispositif permettra de jouer sur la double temporalité (permanente et occasionnelle) et sera à même d’inscrire le parcours dans des manifestations destinées à un plus large public.
S’incrire et prolonger le jeu de strates
Le site de la halte s’inscrit dans un site marqué par des strates successives: l’église, le parking, le verger, la Diélette et l’alignement des arbres.
Nous proposons de renforcer ce jeu de strates en réhaussant le muret qui sépare le parking du verger. Cela permettra de mettre à distance les voitures de la halte et de renforcer le cadrage des vues depuis la halte vers l’église.
Nous proposons ensuite de décoller la halte du muret afin qu’elle constitue non seulement une strate à part entière, mais également un jeu de filtre entre ces plans successifs, entre le centre-bourg et le paysage des champs et de la campagne.
Des lignes horizontales se dessinent, magnifiées par la présence des arbres et par le relief.
Nous traçons alors deux accès qui traversent ces strates pour établir un lien très fort entre l’accès depuis le parking et le paysage situé au nord-est. Ces accès sont axès sur les 2 voies de desserte des places de stationnement. Elles donnent sur des espaces extérieurs couverts et offrent ainsi une vue cadrée et sans entrave sur le paysage.
Le programme propose un enchainement des différentes fonctions de la halte avec, du sud-est vers le nord-ouest, l’espace cuisine, la salle, la terrasse couverte puis la terrasse non couverte. Il nous a semblé intéressant qu’à l’image des strates, la zone cuisine et la salle se déploient en deux bandes de longueurs égales. La salle dispose ainsi d’une vue panoramique et en surplomb sur le paysage des arbres, des champs et des haies.
Elle est également ouverte sur ses deux pignons et se donne ainsi à voir en «quinconce», à la fois depuis l’entrée haute dans le centre bourg et depuis l’entrée basse, une fois que l’on a franchi le pont qui enjambe la Dielette. Cette disposition participe pleinement de la volonté de «boucler» le centre-bourg au delà de l’église et donner ainsi à voir une animation égale, quelle que soit l’accès que l’on emprunte pour arriver dans le bourg, quel que soit le sens dans lequel on effectue la randonnée.
Un bâtiment intégré / la force des cadrages, des vues et de la composition
Nous inscrivons donc notre proposition dans ce qui constitue
les grands traits du paysage de Tréauville: une grande
longère couverte de pierre et bardé d’un bois dont la teinte
s’accordera avec le gris ocre des pierres voisines, de la pierre
que l’on retrouvera à l’intérieur de la halle pour sonctituer la
cheminée.
Cette halle, elle ne boulverse pas le paysage, mais elle renouvelle
la façon de le percevoir. Elle participe ainsi de ce
jeu de strates qui constitue le paysage et en donne des aperçus
cadrés, à travers les deux accès extérieurs mais aussi à
travers l’unique percement de la façade au sud-ouest, qui
donne à voir l’activité de la cuisine et de la salle depuis la
parking, pour offrir dans un second temps une vue panoramique
à 180°.
Ouverte et largement vitrée sur 3 faces, la salle ne tourne
pas le dos à l’entrée basse dans le bourg et accueille de la
même manière les randonneurs qui longe la Diélette depuis
le port vers Les Pieux que l’inverse.
Le rythme de la charpente, la présence du bois, de la cheminée,
le rapport à la végétation en font un lieu chaleureux
propice au repos comme aux moments festifs.