Lycée Hôtelier Olivier Guichard – GUERANDE (44)
Localisation : 44 - Guérande
Surface :
SU restructurées bâtiment D 820 m²
SU neuves Hôtellerie Restauration 1370 m²
SP totale 2537 m²
Surfaces Extérieures 1897 m2
Coût : 10 506 500€ HT
Statut : Concours
Maître d'ouvrage :
Conseil Régional des Pays de la Loire
Equipe :
MABIRE-REICH Architectes mandataires
PÖM Architectes associés
OTE BET Généraliste
BEGC BET Cuisiniste
OTELIO Bureau d'Etude Environnement
SILLAGE perspectiviste
Le lycée Olivier Guichard est situé au nord de l’aire urbaine centrale de Guérande. Il se développe dans un site exceptionnel, grand et arboré. L’établissement accueille aujourd’hui des formations diversifiées parmi lesquelles l’Hôtellerie et Restauration. Accueillie dans des locaux vétustes et équipée de matériel obsolète, elle n’est plus à même aujourd’hui de fournir le cadre correspondant à l’engagement pédagogique des équipes du lycée.
C’est pourquoi la Région des Pays de la Loire a décidé de refondre ce secteur avec la création d’un nouveau bâtiment dont le programme exprime la spécificité du lycée: un équipement dans lequel la pédagogie trouve son prolongement dans l’ouverture vers l’extérieur par la valorisation du travail des étudiants, à savoir la production agricole, la commercialisation des services d’hôtellerie et restauration et bien entendu le tourisme, dans une aire géographique fortement sollicitée par un large public.
La construction d’un bâtiment neuf pose forcément la question de l’affectation des surfaces quittées. Le projet comprend donc la démolition d’une partie des surfaces existantes et la réhabilitation et l’amélioration énergétique de la partie conservée et remodelée pour accueillir un ensemble dédié à l’administration et aux enseignants ainsi que des locaux support (la lingerie). Enfin, le projet est l’occasion de réaliser une installation de géothermie sur sondes, ainsi que son local PAC associé, afin de prolonger sa politique de décarbonation de consommation (et en l’occurrence production) d’énergie.
LE PARTI ARCHITECTURAL DU BÂTIMENT NEUF
Le site alloué au projet est magnifique, riche de très beaux arbres, d’une haie qui accompagne le chemin et mène les visiteurs et le regard vers les serres.
Les bâtiments existants, à savoir les serres horticoles vitrées, la salorge qui abrite la halle paysagère et le hangar métallique, confortent la dimension bucolique du site.
Profitant de l’emprise libérée des serres tunnel, le projet se doit bien entendu de répondre à l’usage attendu mais également de s’inscrire dans les qualités paysa-gères du site tout en offrant une identité à la fois forte
et accueillante. Un cadre chaleureux pour les riverains qui viennent acheter des jeunes plants produits dans les «serres d’Olivier» ou des huîtres élevées dans la ferme marine, pour les familles qui viennent manger au restaurant d’application un poisson élevé dans la ferme aquacole ou enfin pour les voyageurs de passage qui souhaitent trouver un cadre original pour dormir.
Pour ce faire, nous avons basé notre projet sur plusieurs principes structurants :
Des connexions et des parcours sécurisés
A l’instar des serres vitrées situées au nord du site, le
bâtiment s’inscrit dans une orientation nord-sud affirmée :
- au sud, les zones ouvertes au public qui profitent des lumières du midi et de fin d’après-midi. Des espaces mis en scène le long du parcours qui achemine les visiteurs depuis le sud du site, le long d’un chemin sinueux et arboré. Depuis le parking client situé proche de l’entrée du site, l’accès aux zones ouvertes au public est clairement identifié.
- au nord, les accès réservés aux élèves et aux personnels de l’établissement, avec des salles d’enseignement à l’éclairage naturel maîtrisé, au plus près du cœur de l’établissement, en lien visuel sur les serres de production.
Les accès piétons sont ainsi sécurisés, clairement séparés des accès livraisons et logistiques cantonnés au nord-est du site.
Des bâtiments et des arbres
Nous avons inscrit notre bâtiment dans l’écriture horizontale caractéristique du bâti alentour : les serres, la salorge, la halle paysagère et le hangar. Ces lignes horizontales forment un contrepoint intéressant à la verticalité des arbres dans un jeu de mise en valeur réciproque du bâti et de la nature.
Linéarité du bâtiment, théâtralité du porche
En nous implantant le long de la haie, nous associons celle-ci à la lecture très horizontale du bâtiment, marquée par la succession du socle, de la façade bois, de la rive de toiture et de la ligne de faîtage de la toiture haute. Une architecture marquée par sa linéarité, seulement interrompue par un vide : celui du porche qui dévoile au regard la boutique, l’accès au restaurant et le volume des chambres d’hôtel. Un signal fort qui participe de l’identité du bâtiment tout en lui conférant une visibilité immédiate et naturelle.
Une ruralité sophistiquée
L’écriture réinterprète l’architecture traditionnelle et bucolique des hangars agricoles tout en offrant une allure sophistiquée conforme à sa vocation d’accueil. Un parallèle établi par des marqueurs architecturaux : une structure et une charpente en bois tramée, assumée et visible, des débords de toiture protecteurs à la finesse délicate, des toitures pentées en zinc avec des chéneaux à la Nantaise déportées sur les débords de toiture.
Une implantation programmatique lisible
L’architecture est l’expression de la lisibilité de son organisation intérieure : au nord, l’aile du secteur enseignants et élèves, au sud les espaces ouverts au public : salle du restaurant d’application, boutique et hôtellerie. Entre ces deux zones, deux ailes nord-sud s’organisent autour d’un patio central qui accueillent à l’ouest les cuisines d’initiation, à l’est la cuisine d’application.
Ce patio met en relation l’axe d’entrée des élèves au nord et la salle de restauration au sud. Il participe ainsi de ce dialogue instructif entre élèves et clientèle. Il donne également à voir sur la cuisine d’application à l’est et les cuisines d’initiation à l’ouest. Il est un lieu privilégié de restauration à l’extérieur, en vue direct sur les chefs et leurs apprentis, au soleil mais à l’abri des vents de la côte. Une large baie accordéon permet l’ouverture totale de la salle sur le patio.
Une grande terrasse au sud prolonge l’escalier d’accès et le porche. Elle permet également de s’installer dehors lors de plus grandes manifestations.
Les deux ailes de cuisine sont surmontées d’un étage technique dont la volumétrie symétrique accompagne le mouvement nord-sud et participe de l’écriture linéaire de la façade est.
Seule la partie hôtellerie se détache de cet ensemble et constitue une zone singulière. Ce décollement permet également de marquer le vide du porche ainsi mis en scène et immédiatement identifié comme l’entrée par
les visiteurs. La position du volume hôtellerie permet aux logements de bénéficier de la lumière du sud et de profiter d’une relative autonomie tout en profitant des services du bar et restaurant voisin.
Le paysage : une intervention minimaliste dans un site magnifique
Qu’il s’agisse du bâtiment D qui ouvre sur le très joli vallon et l’étang du Cabinet à l’ouest, sur le relief rocheux boisé au nord, ou du nouveau bâtiment hôtellerie-restauration qui prendra place dans un très joli cadre champêtre à l’identité rurale avec ses serres et ses hangars agricoles, les interventions envisagées s’inscrivent dans des sites à la beauté naturelle incontestable.
LE PARTI PROGRAMMATIQUE DU BÂTIMENT D RÉHABILITE
Les espaces inscrits au programme dans le bâtiment D nécessitent un grand apport de lumière naturelle. Pour ce faire, un large patio s’ouvre au cœur du bâtiment dans l’axe du hall existant et distingue clairement les différentes entités programmatiques qui s’organisent autour de lui: au nord, les locaux destinés aux enseignants, aux sud les salles de classe et à l’ouest, de part et d’autre du hall, la salle polyvalente et la salle du conseil qui bénéficient ainsi de la vue sur le paysage et offrent aux visiteurs l’image d’une façade institutionnelle très ouverte sur
l’extérieur. Ainsi, les espaces destinés aux enseignants, qui nécessitent intimité et calme, sont à l’abri au centre du bâtiment et profitent d’un espace extérieur protégé des vents. A l’inverse, la salle polyvalente, positionnée en lieu et place du restaurant d’application déplacé, s’ouvre largement à l’ouest. La modification structurelle liée à la présence de murs porteurs implique la reprise de la couverture, constituant ainsi l’occasion pour rehausser son volume et la mettre ainsi en adéquation avec son usage polyvalent et son caractère institutionnel.
Les accès à la zone sont clairement identifiés : à l’ouest, l’accès d’apparat ouvre dans l’axe du patio qui lui offre un fond de perspective végétalisé, à l’est, de l’autre coté du patio, la liaison vers l’externat existant, à travers le foyer des élèves, distribue les salles de classe au sud et les locaux des enseignants au nord.
Une circulation lumineuse le long du patio met en relation les deux entrées dans cette zone.
Si le bâtiment neuf isolé dans son environnement boisé et rural est revêtu d’un bardage bois à l’image des hangars agricoles ou des salorges typiques du paysage guérandais, l’écriture architecturale du bâtiment D s’inscrit dans la continuité de celle de l’externat existant, tant dans la volumétrie que dans la colorimétrie de l’isolation extérieure enduite. La façade sud, ancien mur porteur libéré de l’excroissance déconstruite au sud, est percée de trois grandes ouvertures pour apporter lumière et vue aux salles de classes.
La façade ouest, déjà largement ouverte dans la construction d’origine, est entièrement habillée de grandes menuiseries mixtes bois-aluminium à la teinte beige dorée pour proposer un chaleureux contrepoint à l’architecture tramée et rigoureuse des années 70. Un choix de menuiseries mixtes opéré tant pour le bâtiment neuf que pour bâtiment réhabilité pour sa pérennité en extérieur et sa chaleur depuis les espaces intérieurs.
Les aménagements paysagers autour du bâtiment D
répondent à deux objectifs :
- Magnifier l’accès à la façade d’accueil à l’ouest tout en la rendant accessible aux personnes à mobilité réduite
Réorganiser et désimperméabiliser le parking existant chaotique au sud tout en ménageant un espace végétal agréable en fond de perspective pour les classes et le foyer des élèves.